1 mai 2016

Sébastien Lespinasse

Poète performeur, Sébastien Lespinasse aime provoquer des situations et des rencontres dans des lieux inattendus (laveries, gares…). Depuis plusieurs années, il explore les possibilités d’une mise en vibration de l’écriture par la projection du souffle: ses recherches l’ont ainsi conduit vers les pionniers de la poésie sonore (Kurt Schwitters, Tristan Tzara ou Isidore Isou) et à l’élaboration d’une forme de poème-partition au déroulement imprévu. Ce travail sonore élabore, non sans humour, un espace poétique où le sens des mots, le corps des lettres et du récitant se provoquent, luttent ensemble, s’échangent dans des étreintes passionnées. Le Pneuma-Récital est une expérimentation du poème dans ses états d’ébullition, lorsque les polyphonies du sens et les transes de la voix ouvrent les canaux du sensible. C’est une méthode d’air qui convoque joyeusement la matérialité d’un langage devenu action, contact, éclatement des frontières comme l’entendait Ghérasim Luca : « Libérez le souffle et chaque mot devient un signal ». Sébastien Lespinasse travaille à Toulouse. Pneuma-récital est une exploration sonore et sémantique à partir de poèmes-partitions au déroulement aléatoire. Cette poésie sonore se présente comme une mise en vibration de l’écriture par la projection du souffle.

« On gonfle les mots ils gonflent leur peau de mots autour de nos souffles ils me regonflent quand j’expire on ne se dégonfle pas je continue la pression mes doigts crissent le long de la peau plastique ils sont gonflés à bloc parfois les mots me gonflent parfois les mots nous crèvent parfois les mots éclatent. » S. L.

trAce 033 – CD – 2012
6 flaps cardboard sleeve, 12,5/18 cm
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Pneuma-R

1. V’ivre
2. Ponctuations
3. A morse
4. Les mots sont seuls
5. Où
6. Pavloy’s Dog
7. Z
8. Pluie
9. Une chute
10. Mégaphone-cri
11. Poem Amnessiq
12. Monstrum Linguae (pour C. Prigent)
13. Liés
14. Une
15. Brûlures
16. Actif::Passif
17. V’ivre (Remix par Guillaume Loizillon)
18. Poem Amnésiq (remix par Jérôme Noetinger)
19. Liés (remix par Patrick Müller)

Sébastien Lespinasse pratique une poésie radicalement corporelle, très rauque et souvent très drôle, tonitruante, glottique et quelquefois terrifiante, vertigineuse et cependant charmeuse – mais pas charmante –, impétueuse, gestuelle et tendue à l’extrême.
Ce nouveau CD édité par trAce Label rassemble seize titres enregistrés à Toulouse en 2010 qui résument parfaitement toutes ces qualités contenues dans son travail actuel.
Le disque se conclut par trois remix brillamment réalisés par Guillaume Loizillon, Jérôme Noetinger et Patrick Müller qui étendent la poésie sonore de Sébastien Lespinasse à des registres électroacoustiques.

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trAce 043 - COUAC - 'no(NOUS)us'
trAce 044 – CD – 2016
6 flaps cardboard sleeve, 12,5/18 cm
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COUAC
no[NOUS]us

1. Train-train #1
2. Solitude (publicité)
3 . Questions rhétoriques
4 .Interlude
5. Solitude (écouter l’autre)
6. Esthétique de la noyade #1
7. Esthétique de la noyade #2
8. Interlude
9. Solitude (pelote)
10. Kyrie Eleison
11. Interlude
12. Esthétique de la noyade #3
13. no(nous)us
14. Train-train #2

Heddy Boubaker : Basse électrique
Sébastien Lespinasse : Voix, textes & souffles
Enregistré les 21 et 22 avril 2016 au studio DE LA PIERRE VIVE.
enregistrement/Mixage : Rodolphe Collange.
Mastering : Patrick Müller.
Remerciements : Marie Baltazar, A.C. Hello, André Rober, Théâtre le Hangar, collectif IPN, La Poutre.

« Sébastien y déclare son identité, marche sur la crise, raconte son quotidien et la France et autres sons de bouche pendant que Heddy maltraite sa basse avec amour et philosophie. »

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« Le travail de Sébastien Lespinasse, inspiré de la poésie sonore, voire même du lettrisme, se distingue par une importance particulière accordée au souffle, à la voix. Lors de ses lectures (notamment “Pneuma Récital” à Beaubourg) ses déplacements sont réduits au minimum. Il utilise le dispositif “classique” d’une lecture publique (une table, un micro, un texte dactylographié). Cependant, il y a un véritable travail autour du souffle, de l’articulation, de l’intonation qui participe à la construction du sens. On assiste à une déconstruction/ré-articulation du langage.
La langue devient un matériau sonore, le signifiant semble prendre toute la place. La signifiance, au sens de première articulation du langage, prime sur le signifié. Comme le souligne Jean-François Savang “le corps devient le sujet de la langue, et le langage l’instrument de sa poétisation, que ce soit dans l’intensité glossolalique ou dans la signifiance du souffle à l’image d’Artaud.” » Extrait d’un travail de thèse en littérature de Corinne Laval.

  Sébastien Lespinasse
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