2 mai 2016

Joël Hubaut

Joël Hubaut (né en 1947 à Amiens) vit à Réville en Normandie et enseigne à l’École supérieure d’arts et médias de Caen depuis 1978. Il commence son travail à la fin des années 1960, stimulé par les écrits de William S. Burroughs, la musique d’Erik Satie, le pop art et les réflexions théoriques du groupe BMPT. Mixant toutes ces sources hétéroclites, Joël Hubaut oriente son activité vers un mixage hybride et monstrueux qu’il qualifie avec humour de « Pest-Moderne ».
Il crée à partir de 1970 ses premiers signes d’écriture “épidémik” qui envahissent tous les supports, objets-corps humains-véhicules-sites-etc. développant un processus « rhizomique » pluridisciplinaire et intermédia sous forme d’installations et de manœuvres. Il crée et anime un espace alternatif : « Nouveau mixage » de 1978 à 1985 (installation-vidéo-peinture-poésie-concert-performance). En 1980 il réalise une performance avec Jean-Jacques Lebel et Barbara Heinisch au ARC – Musée d’Art Moderne à Paris. En 1986 il réalise une performance avec Félix Guattari au Café de la Danse à Paris. Il fonde en 1987 les éditions de la CREM (conceptuelle rapide et maximale). Premier livre avec Ghérasim Luca et dix publications ; poèmes/photos/dessins et textes théoriques. Il dirige également la revue sonore FRACTAL MUSIK sur CD audio produite par la Station Mir, trois albums de musiques d’artistes : Sati-Tati-Kaki, Opérette d’artistes et No repeat-No repeat, et anime à partir de 1996 les soirées Hiatus (cabaret-café littéraire) au Frac de Basse-Normandie.
Joël Hubaut est un artiste difficilement classable. Réalisant surtout des installations, des dessins, des peintures et objets divers, il est paradoxalement d’abord connu pour ses performances et ses textes poétiques. Plaçant l’épidémie et la contamination (acte prémonitoire) au centre d’une réflexion sur l’art et la société, son recours à la parodie et à la dérision peut alors prendre une dimension véritablement tragique. La déstabilisation engendrée par la polyvalence de son activité dispersée, l’énergie décalée et la pratique de l’absurde qu’il étend à toute sorte de manifestation inattendue dans le système de l’art contemporain ou ailleurs témoignent de sa singularité. Il expose et performe régulièrement en France et à l’étranger.
Il travaille avec la galerie Lara Vincy Paris depuis 1980 et a participé à de nombreux festivals Polyphonix. Nombreuses manifestations en Europe, mais aussi aux États-Unis, Canada, Russie, Mexique, Japon, Chine. Depuis 1994, il est représenté par la galerie du Jour – agnès b..

En 1982, il obtient le record du monde de lancer de camembert, discipline sportive qu’il a inventée.

Lissez les couleurs

 

1. Lissez les couleurs

Joël Hubaut : text
Patrick Müller : electrosonic

Performance enregistrée le 3 décembre 2002, POLYPHONIX 40/ Revues parlées, au Centre Georges Pompidou.

Epidemik-Text-Text-Nowtechno

 

1. EPIDEMIK-TEXT-TEXT-NOWTECHNO

Joël Hubaut : texte, voix
Guillaume Loizillon : traitement sonore

20 minutes de performances non-stop enregistrée lors de l’évènement réalisé lors de la soirée 3 >contre< 1, le 22 octobre 1999 au théâtre L’Echangeur, Bagnolet.

trAce 009 – CD – 1999
8 flaps cardboard sleeve

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Julien Blaine/Jean-François Bory/
Bernard Heidsieck/Joël Hubaut

3>CONTRE<1

1. Quelques poèmes métaphysique – Julien Blaine. Étienne Brunet : Clarinette basse.
2. Sisyphe (passe partout n°25) – Bernard Heidsieck. Avril 1977.
3. Mondial 98 – Jean-François Bory.
4. Big Band – Jean-François Bory.
5. PutPut – Joël Hubaut. Réalisation : Olivier Talouarn pour la Station MIR.
6. Poème métaphysique – Julien Blaine. Étienne Brunet : Clarinette basse.
7. ABC – Jean-François Bory.
8. Calmar – Julien Blaine. Musique, réalisation : Guillaume Loizillon.
9. Claustrophobie – Julien Blaine. Christine Cross : Violon.
10. Depuis le matin l’Auteur – Jean-François Bory. Thierry Müller : Piano.

Réalisation : Patrick Müller pour L’orchestre inachevé.
Production : L’orchestre inachevé, 1999.
Graphikremix : Thierry Müller.

« Dans l’introduction de l’ouvrage Poésie Sonore Internationale d’Henri Chopin, William Burroughs note que “les démarcations qui séparent la musique de la poésie sont entièrement arbitraires” et que “la poésie sonore est exactement conçue dans le but de briser ces catégories, afin de libérer la poésie de la page imprimée, sans pour autant en éliminer de façon dogmatique la commodité”. On ne saurait mieux dire pour décrire le travail des quatre poètes compilés sur ce double CD pour moitié Rom. Le son des textes lus y est rendu “concrètement visible afin qu’ils soient réellement vus autant qu’entendus”.
Julien Blaine commence par expliquer qu’écrire/lire de la poésie, c’est se substituer à Dieu pour réinventer le verbe, changer l’univers, avant que Jean-François Bory ne lise les hilarants commentaires d’un match de foot où Joyce, aidé par les avants-centres Pound et Lyotard, marque un but métaphore extraordinaire contre Gide, le gardien de la poésie classique bardé de ses genoullières! Avec un humour salvateur (outre l’expérimentation sur la langue, c’est une composante non négligeable de la poésie sonore), cette bande des quatre sonde ses textes et les agite de l’intérieur avant d’en “musiquer” les mots au cours de décapantes lectures-performances.
Totalement indispensable, ce disque offre à écouter une illustration (également visuelle comme dans le film de la lecture de “Vaduz” de Heidsieck dont il existe une version phonographique chez Alga Marghen) de ce que la poésie peut donner lorsqu’elle est arrachée des mains des professeurs et des réacs. » Ph. R., Octopus

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