Tribraque

10,00

CD – trAce 029 – 2010


Track listing:
Part I
Part II
Part III
Part IV
Part V
Part VI

UGS : trAce 029 Catégorie :

Description

Jean-François Pauvros: guitar, vocal
Patrick Müller: electrosonic
Jean-Noël Cognard: drums, objects

4 pages cardboard sleeve, 17x 17 cm.

REVUE & CORRIGÉE, n°84, juin 2010
Et l’on retrouve un nouveau projet emmené par le batteur jean-Noël Cognard. Ça fait un an qu’on vous en parle régulièrement avec les sorties vinyles des groupes Salmigondis, Tankj ou Empan (voir une nouvelle chronique dans ce même numéro) sur son label Bloc Thyristors (et un coup de main des gars de chez Bimbo et leur Bimbo Tower Records en coproduction). Un moment aussi que Patrick Müller mettait son grain de sel à l’enregistrement de ces différents projets, c’est donc logique qu’on le retrouve à la fois dans le trio TRIBRAQUE, et le disque sur son label : Trace label. Il manque donc le troisième à l’appel, ajoutez alors Jean-François Pauvros et vous obtenez la composition de ce trio dont le nom détermine une mesure (en pieds) en phonétique et poésie grecque et latine (après Empan, on reste dans la sémantique de la mesure, je vous laisse chercher, faut bien que vous bossiez un peu aussi). Et le tout en CD longue durée, plus de 70 minutes, et double LP à sortir prochainement sur… Bloc Thyristors bien sûr. Un disque en six parties aux accents jazz-rock parfois bruitistes et psychédéliques à la fois, comme en partie 3, tendant parfois sur ce même morceau vers le groupe américain Jessamine et son rock planant, mais finalement pas si Shoegaze, ni post-rock que ce groupe, essentiellement actif entre 1995 et 2000 sur le label Kranky. Si l’entame du disque vole comme un souffle continu parasité par des sons électroniques sortis d’une platine CD, on se rend compte très vite du free-rock qui rôde. Alors sur le papier, free-rock, vous allez me dire que ça veut tout et rien dire à la fois. Ici les gars nous affranchissent de toutes ces barrières pour sortir des sentiers battus avec un magma (fallait bien qu’on parle de volcans un moment ou un autre nous aussi) sans cesse en action, prêt à exploser dans tons les sens à n’importe quel instant, surtout sur la partie 4. Contrairement aux autres projets de Jean-Noël Cognard, une place est ici faite plus largement aux ambiances feutrées dans les apparences, mais terriblement frissonnantes et dark à la fois si je peux me permettre. C’est le cas notamment de cette partie 5 qui frôle certains projets les plus rock de Catherine Jauniaux. Et si on gratte un petit peu aussi on découvre quelques détails qui feraient presque sonner ce trio comme un groupe electronica et leur mode très éphémère du cut-up du début des années 2000, tendance d’un label comme Mille Plateaux par exemple. Il fallait bien des déflagrations, vous en aurez en patientant jusqu’à la fin de l’album et cette partie 6 interminable, digne de certains disques free sortis ici et là par Thurston Moore et sa bande (la période avec Tom Surgall, ou encore le quatuor de guitares MMMR avec Montera, Ranaldo et Mazzacane Connors). Les électroniques sont très fines et dansent parfois le krautrock avec une subtilité très appropriée. Un vrai bonheur que ce type de disque aux contrées variées et au mélange qui fonctionne aussi bien. Les projets Empan et Salmigondis me plaisent beaucoup et je ne pensais pas que celui-ci me plairait tout autant, voire plus. Cyrille LANOË

IMPRO JAZZ, n° 168, sept. 2010
Le label Thyristors nous a habitué à de belles pochettes avec des couleurs “flashy”, et en voilà une autre. Orange fluo, cette fois-ci, aussi voyante qu’un gilet de sauvetage, la pochette se déplie dans tous les sens pour laisse glisser 2 vinyles de couleur aubergine ! La musique des trois protagonistes, Jean-François Pauvros (guitares, voix), Patrick Müller (électrosonic) et jean-Noël Cognard (batterie, objets) n’a rien à envier à ses beaux habits. C’est du très costaud. L’électro de Müller pose une toile de fond, sur laquelle Pauvros, comme un Pollock de la guitare, fait des gribouillages sonores mais qui ont toujours un sens. Cognard encadre et commente, toujours avec cette énergie et cette précision qu’on connaît. Les quatre faces et 75 minutes de musique s’enchaînent et se déchaînent en un rien de temps. Derrière des passages remplis de bruits et d’hyperactivité sonore, ils alignent des moments de contemplation ; j’ai même songé à In a Silent Way sur une piste ! Pour les récalcitrants modernistes qui n’ont pas de platine vinyle, il faut signaler que cette musique est aussi disponible sur CD (Trace label, trace 029), et là aussi la pochette est originale: elle a la taille d’une pochette de 45 tours et montre de belles photos signées Patrick Müller. Gary MAY

IMPRO JAZZ, n°170, nov./déc. 2010
Droit au but, direct. Bloc d’énergies un temps accordé. Géniale manière de Pauvros de tenir l’énergie au creux de la main, de la tenir, la relâcher, la reprendre, la mener, la façonner. Elle semble d’étendre à ses partenaires. À trois ils peignent au couteau des paysages oniriques et solides, épais, implantés. L’avancée de la musique semble d’une certitude rare, on pourrait y brancher cinquante musiciens sans la faire dévier d’un pouce. Brutale, arrachée à la terre et d’un raffinement rare. Montées d’énergie fascinantes, sur presque rien, une figure et ses franges. Le minimum de mouvement, une harmonie et une lenteur maximale pour concentrer toute l’énergie sur la musique. Je pense aux images de Charlie Parker jouant planté comme une borne, les épaules rentrées, embouchure soudée. Ou encore à des images de Tai chi chuan, ces mouvements qui trouvent leur rythme dans un extrême ralentissement et développement. Lenteur basée sur une extrême rapidité de pensée et d’action, une écoute parfaite. Ces trois-là sont passés au travers.

Informations complémentaires

Poids 98 g

Vous aimerez peut-être aussi…